La Pastorale Malandain / Beethoven


Il s’agit naturellement de la 6ème Symphonie de Ludwig van Beethoven dont on connaît l'épigraphe du manuscrit : « Symphonie Pastorale, ou Souvenir de la vie rustique, plutôt émotion exprimée que peinture descriptive ». Traduisant l'amour ardent du compositeur pour la nature : « Je suis si heureux quand une fois je puis errer à travers les bois, les taillis, les arbres, les rochers ! Pas un homme ne peut aimer la campagne autant que moi » (1), hormis le chant des oiseaux et l'orage, la Symphonie pastorale exprime en effet le sentiment plus qu'elle n'imite les choses. Empreinte de sérénité et foncièrement idéaliste, on peut y voir les sentiers fleuris de la pastorale antique, l’innocence et la tranquillité des premiers temps. Ou bien encore, planant comme une auréole, les poussières sacrées d'Athènes, cité vénérée d’âge en âge par l'imagination des poètes et des artistes pour avoir créée la Beauté. Composée en même temps que la 5ème Symphonie, qui montrait l'homme aux prises avec le destin, en abandonnant ses états d'âme à la nature, Beethoven ressuscite à nos yeux l’Arcadie de l’âge d’or : « terre de bergers où l'on vivait heureux d'amour ». Mais peut-on s’écarter du réel ? Couplée à quelques motifs des Ruines d'Athènes et à la Cantate op 112, intitulée : Mer calme et heureux voyage, dans les pas d’un "Compagnon errant", sorte de héros romantique, la Pastorale invoque l’antiquité hellénique, comme lieu de nostalgie et de perfection artistique, de la douleur d’un désir sans fin à la béatitude de la lumière originelle.

Thierry Malandain

(1) Lettre à Thérèse Malfatti, 1807


musique Ludwig van Beethoven (6ème symphonie "Pastorale", Cantate op. 112, extraits des Ruines d'Athènes)
chorégraphie Thierry Malandain 
décor et costumes Jorge Gallardo
lumières François Menou 
réalisation costumes Véronique Murat, assistée de Charlotte Margnoux
conception décor Loïc Durand
réalisation décor et accessoires Frédéric Vadé 

PREMIÈRE FRANÇAISE
13 au 19 décembre 2019 à Chaillot-Théâtre national de la Danse - Paris


PREMIÈRE MONDIALE
22 et 23 décembre 2019 au Theater Bonn - Allemagne

Coproducteurs
Chaillot Théâtre national de la Danse • Beethoven Jubiläums Gesellschaft (Allemagne) • Norddeutsche Konzertdirektion Melsine Grevesmühl GmbH • Theater Bonn (Allemagne) • Le Parvis scène nationale Tarbes Pyrénées • Opéra de Reims • Ballet T • Donostia Kultura - Victoria Eugenia Antzokia de Donostia / San Sebastián (Espagne) • CCN Malandain Ballet Biarritz


Partenaires
Théâtre de Gascogne - Scènes de Mont de Marsan • Espace Jéliote Oloron-Sainte-Marie • L’Odyssée - Scène Conventionnée de Perigueux • Scène du Golfe / Théâtre Anne de Bretagne - Vannes • Opéra de Saint-Étienne • Théâtre Olympia d'Arcachon • Escenario Clece / Teatros del Canal - Madrid (Espagne)

 

Ballet pour 22 danseurs
​Durée 72 minutes



Le Figaro

Courez alors voir La Pastorale de Thierry Malandain […] Le Rideau s’ouvre sur une structure de métal découpée en carrés. A la fois cadres qui sertissent et cages qui enferment. Un homme se tient au centre : l’excellent Hugo Layer, corps androgyne, geste tranchant l’espace au diamant, dont on guettera les apparitions tout au long de ce ballet d’une grosse heure. […] En sort un ballet blanc d’autant plus beau et séduisant qu’il est magnifiquement dansé. L’artiste a rempli une de ses missions : il a créé de la beauté.

Ariane Bavelier, 15 décembre 2019

Ballroom

Thierry Malandain est l’un des rares (donc précieux) chorégraphes français à assumer, sans revendiquer vulgairement, un vocabulaire néo-classique qui puise autant dans les racines de notre patrimoine que dans le vertige de sa propre imagination foisonnante. […]Le chorégraphe a à cœur de nous entraîner dans un tourbillon vertueux où la Pastorale de Ludwig retrouve ses lettres de noblesse – celles du sublime.

Bérengère Alfort, 13 décembre 2019

Le Figaro Magazine

La ville de Biarritz possède une des meilleures compagnies de danse de France. […] Les ensembles, les duos se succèdent toujours avec cette patte de Thierry Malandain, qui excelle dans cette danse classique modulée pour devenir contemporaine. Il y a un côté hellénique à l’ensemble et même parfois des réminiscences de l’Après-midi d’un faune, de Nijinski. La quête des danseurs semble inexorable et leurs gestes, en dépassant l’académisme, exaltent la force sensuelle du corps. Nous voilà face à une quête de l’impossible où chacun peut adhérer selon son imaginaire. Un très beau ballet qui juxtapose des moments lyriques et d’autres beaucoup plus intimistes.

François Delétraz, 7 décembre 2019

La Terrasse

Entre Arcadie rêvée et réel accablant, Thierry Malandain et ses 22 danseuses et danseurs proposent un périple magnifique et poignant. Que d’émotions et de beauté dans ce nouvel opus de Thierry Malandain ! Superbement inventive, l’écriture traverse une histoire humaine tout en tensions et contrastes qui se déploie entre désir de beauté et douleur de vivre, entre le rêve d’un monde harmonieux et la réalité d’une vie sans horizon. […] Sorte de double du chorégraphe, ce personnage romantique est dansé par Hugo Layer avec une précision et une assurance époustouflantes, qui laissent transparaître en filigrane une sorte de fragilité. […] Intemporelle, quasi abstraite, la danse exprime ici magnifiquement les poignants paradoxes de l’humain, des duos jusqu’aux mouvements d’ensemble. Les costumes sont superbes. […] la danse acquiert plutôt une dimension spirituelle qui contre la petitesse et la tristesse du monde. Façonnée avec science et patience, elle révèle une beauté qui serre le cœur et nourrit l’esprit.

Agnès Santi, 24 novembre 2019